Ma position sur l’astrologie, ce langage évolutif.


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Les décennies passent tandis que l’image de l’astrologie ne cesse de diviser. Ce conflit entre astrologues et sceptiques ou farouches détracteurs a toujours existé. Je dois admettre que ce métier souffre d’une mauvaise connaissance, d’idées reçues transmises entre générations parfois. En tant qu’astrologue professionnelle, j’ai pu ressentir dans mon quotidien des sentiments de rejet à la simple évocation du mot astrologue ou voir des attitudes amusées. Avec le temps, on en sourit et on relativise. Pourtant c’est mon métier et l’un des plus nobles : aider son prochain, le guider sur son chemin…
L’astrologie soigne l’esprit, elle aide à grandir intérieurement.
Depuis des années j’observe des réactions diverses et variées mais rarement neutres avec la peur du jugement sitôt que l’on pratique l’astrologie. Si l’astrologie fascine et attire, son aversion spontanée se nourrie de peurs ancrées et contagieuses, peur de ce que l’astrologie peut dévoiler, peur du mot prévision ou peur du qu’en dira t-on si l’on pratique l’astrologie …Ces barrières psychologiques sont bien regrettables car ces peurs pénalisent l’évolution de l’astrologie. Cette discipline si riche, nécessite d’être libérée de toutes peurs pour exprimer sa pleine dimension.
Mais de quoi souffre vraiment l’astrologie ? Synonyme de refuge pour personnalités fantaisistes , jetez vos idées reçues pour découvrir ses richesses. Pour commencer, vous voyagerez à travers les cultures car le rayonnement astrologique est international, en étudiant l’astrologie vous découvrez l’histoire des civilisations et le système solaire. On a tendance à oublier ce versant culturel inhérent à la discipline.
La partie faisant le plus polémique reste le lien entre le ciel et l’homme…Il reste à savoir si le ciel reflète l’homme ou si l’homme est soumis à des influences, on peut voir la situation sur deux plans. Lorsque j’ai démarré l’astrologie, j’ai longtemps pensé que les astres avaient une influence sur l’homme plus de trente ans plus tard le regard que je porte sur le fonctionnement de l’astrologie est sensiblement différent. Je ne la perçois plus comme une influence mais davantage comme un miroir entre l’homme et le ciel et une grille de lecture permettant de cerner son niveau d’évolution, son état psychologique, son environnement. Au fil du temps, mon point de vue a évolué, à mes yeux l’astrologie serait plutôt un outil permettent d’obtenir le reflet de l’état psychologique de l’homme à l’instant T ou à l’instant qui nous intéresse. La lecture d’un ciel est bien sûr dissociée des repères de temps mis à notre disposition, comme le calendrier, puisque les cycles astrologiques utilisés ne sont pas calés sur le calendrier.
Il serait bien difficile d’expliquer le fonctionnement de l’astrologie mais tôt ou tard elle éveille tout astrologue à s’interroger sur le l’unité entre le ciel et l’homme et sa place dans son époque.
Afin de comprendre les capacités du langage astrologique, il est essentiel de la « tester » sinon comment parler d’un sujet sans l’explorer en profondeur. L’astrologie doit être travaillée en long et en large sans avoir peur de commettre des erreurs, ni craindre l’échec d’une analyse car le but n’est pas de décrocher un pompon, il n’y a rien à gagner !
L’astrologie n’est pas une quête personnelle mais bien une marche collective où chaque pensée astrologique amène de l’eau au moulin. Je suis défavorable à un cloisonnement entre courants astrologiques car la pratique de l’astrologie génère des questions philosophiques en repositionnant la place de l’homme dans l’univers. L’astrologie ouvre à la tolérance, elle aide à mieux vivre ensemble en offrant un panorama étendu sur le monde qui nous entoure.
Cet outil pertinent et précieux va au-delà des apparences, il révèle l’envers du décor et aide à comprendre des noeuds sur le chemin de vie. La part d’authenticité du langage astrologique possède des vertus thérapeutiques et positives sur la manière d’aborder la vie mais gardons nous ,astrologues, de responsabiliser les personnes qui viennent consulter en évitant l’addiction. Chacun est responsable de ce qu’il fait de son ciel et libre à chacun de travailler la sublimation de ses aspects…
Quiconque pratique l’astrologie dans le temps est amené à se rendre compte de mécanismes inhérents au langage astrologique :
– l’imbrication du plan individuel dans l’astrologie mondiale, ils ne font qu’un. Lorsque les structures mondiales et individuelles se répondent en écho, ces instants offrent des opportunités de réalisation ou d’expérience pour la personne.
-la participation du niveau de conscience intervenant dans l »utilisation du ciel natal.
– l’astrologie est un langage en mouvement, elle n’est pas figée et les climats qui en découlent évoluent. La prévision astrologique, ou si le mot vous irrite, l’analyse d’un contexte, d’un potentiel est le reflet d’un langage en mouvement.
– le langage astrologique s’adapte aux époques et fluctue selon les codes culturels, dans son symbole astrologique l’Uranus d’hier est différent de l’Uranus de nos jours. On a accordé à Mercure un lien avec le courrier et la correspondance, les fonctions de Mercure en astrologie évoluent car les e-mails ont tendance à remplacer une correspondance traditionnelle.
Lorsqu’on parle d’amour en astrologie, Vénus le Soleil et leurs combinaisons astrales, Jupiter ainsi que les référents astrologiques des figures féminines et masculines et de l’amour et des conjoints (Lune, Soleil, maisons V et VII, maîtres de V et VII) sont des pistes correctes dans des pays où l’on choisit son conjoint. L’astrologie est un langage universel à adapter selon l’environnement local. Dans les pays où les mariages arrangés font partie de la tradition et la culture, Saturne, l’axe Capricorne/Cancer/la maison IV ont leurs mots à dire dans l’analyse d’un mariage. Cette fluctuation du langage astrologique se fait aussi bien selon les codes culturels que les époques traversées. Internet révolutionnant notre quotidien, on assiste à des modifications dans le monde du travail. Il est désormais évident de considérer la maison IV comme le lieu de travail et pas uniquement les maisons traditionnelles VI et X.
Je fais référence à ces évolutions du langage astrologique selon l’évolution des technologiques et des codes culturels ainsi qu’à la notion du libre-arbitre dans les actes du colloque du RAO qui s’est tenu le 12 Octobre 2013 à Lyon  » La force du destin ». Actes à télécharger en cliquant ici RAO
Le langage astrologique offre une richesse dont il serait dommage de se priver.
Pendant longtemps je me suis interrogée sur l’hostilité provoquée par le mot prévision en astrologie en cherchant de quoi avait si peur les gens qui y étaient épidermiques. Que redouter puisque la carte du ciel est le reflet de soi même, au contraire, on devrait voir à travers ce langage une richesse accessible à tous. La prévision n’est pas la prédiction, la différence est grande entre les deux termes. Quant à la voyance souvent mélangée avec l’astrologie, c’est dommage d’en être encore là.
Ce n’est pas l’astrologue qui décide de lire selon ses humeurs ou en projetant ses idées ( un argument souvent avancé par les détracteurs). Le langage astrologique qu’il soit celui d’un ciel mondial ou individuel, ou encore en synastrie est hiérarchisé.
L’orientation d’une carte et son intégralité guident l’astrologue à lire dans un ordre bien précis. Exactement comme un alphabet, selon l’ordre des lettres, vous lisez tel ou tel mot, devant une carte du ciel c’est le même processus. Nous, astrologues, sommes des traducteurs d’une discipline digne.
Astrologue indépendante, je milite en faveur d’une astrologie à explorer, libre d’expression, de recherche en vue de son avancée pas à pas. L’astrologie a encore à nous apprendre…
Le rassemblement des recherches des uns et des autres, l’ouverture d’esprit et la tolérance sont nécessaires à l’évolution de l’astrologie. L’astrologie est un diamant. En un temps record elle est la voie express de la connaissance de soi, merci de ne pas la confondre avec l’horoscope et de respecter cet outil hors du commun ».

par Valérie Darmandy, le 2014/02/08 à 13:34