Vénus, un monde de saveurs et de textures.


Avide de sensations, Vénus illustre des situations quotidiennes où certains de nos sens jubilent. Symboliquement, l’astre incarne un instant de plaisir délivré par les papilles gustatives au contact d’une saveur ou d’une senteur tout comme il fait référence aux émotions à l’écoute d’une mélodie ou au timbre d’une voix.

Vénus est associée aux tessitures des voix de sorte que l’état astrologique complet de Vénus  (localisation, angularité, état céleste et terrestre) informe sur un potentiel de séduction qui passe également par le timbre vocal. La gourmandise, principe Vénusien n’est pas l’apanage de l’astre puisqu’elle répond également à des contacts astrologiques entre Vénus-Lune, Vénus-Jupiter ou bien encore Vénus-Mars. A ce titre, un cas d’école se rencontre à travers le thème de naissance du cuisinier Paul Bocuse, né sous un amas Soleil-Mercure-Vénus-Jupiter-Lune en Verseau avec la conjonction Lune-Jupiter près de l’angularité en train de se coucher sur son Descendant.

Face à son amas qui respire un monde de saveurs et de senteurs, c’est à s’interroger si sa réalisation aurait pu s’exercer en dehors de cet univers. Paul Bocuse que l’on ne présente plus a su implanté son style gastronomique à travers le monde. Au regard de l’astrologue, il s’agit d’un accomplissement en harmonie avec ses astralités de nativité.

Dans le début de l’existence, Vénus dominante dans un thème natal n’inspire pas que des cuisiniers en herbe, ni de futurs nez. Liée au monde des arts,  elle invite l’enfant à côtoyer l’univers de la beauté, à jouer avec les couleurs, les textures, aussi on prête à Vénus une association avec l’univers des peintres, des coloristes, visagistes, ceux et celles qui, de par leur métier, valorisent les formes et rehaussent les saveurs. Le travail des textures avec différentes matières répond aux associations de Vénus avec d’autres astres ou à la présence de l’astre dans le signe de la matière, la Terre, Taureau, Vierge, Capricorne.

Dans le thème d’un enfant, face à des dispositions Vénusiennes dominantes, il reste à distinguer s’il est question d’une sensibilité à de tels univers ou une signature astrologique d’une trajectoire professionnelle.

Pour la sculptrice Camille Claudel, on retrouve Vénus en Capricorne carré à Saturne en Balance, ici le travail de l’art est façonné dans la structure (Saturne). Vénus occupe le signe de Terre du Capricorne, on ne peut plus explicite pour travailler un matériau solide (carré Saturne). Le carré Vénus-Saturne est très dissonant en raison de la maîtrise du maître planétaire Saturne sur sa Vénus en Capricorne et réciproquement de Vénus le maître de Saturne en dissonance à Saturne. L’aspect se déroule entre ses maisons III et XII qui sont respectivement les maisons astrologiques de l’entourage, de la fratrie, la communication et par la XII celle du retrait, de l’oppression, des minorités, restriction, l’isolement moral ou physique, ou d’une spécialisation professionnelle. Cette réception mutuelle dissonante entre maîtres planétaires de Saturne et Vénus lui valut l’influence négative de son entourage, en autre de son frère Paul sur son expression (maison III) et un épisode tristement célèbre dans son existence qui fut son internement durant 30 ans, soit à quelques mois près un cycle entier de Saturne. Le spectre de la solitude incarné par Saturne, prend tout son sens dans ce thème en raison de conditions dissonantes réunies.

La mémoire collective conserve de Camille Claudel ses œuvres mais aussi sa longue vie de recluse.

Dans ce terrain de nativité Saturnien-Vénusien disssonant, en annexe à l’état astrologique de Vénus on observe des astralités éloquentes. Sa conjonction difficile entre sa Lune et Neptune situe une fragilité émotionnelle et nerveuse. Sous un contexte dominant de frustration et d’isolement Saturne en cuspide de XII carré à son maître Vénus en III, son Mercure Capricorne dissone à son tour sa conjonction Lune-Neptune exposant Camille Claudel à des difficultés pour se faire entendre. Des dissonances avec des structures hiérarchiques prioritaires reflètent des entraves à la communication et à la liberté d’expression. Les relations familiales sont sources d’émotions toxiques.

Auprès du thème de Rodin, nous retrouvons la même connexion entre Saturne et Vénus sous forme de conjonction. Doté de sa conjonction Vénus-Saturne, son aspect fait écho au carré Vénus-Saturne de Camille Claudel. La conjonction Vénus-Saturne est dissonante chez Rodin, aspectée d’un double carré, elle devient apex d’un carré en T, « aimer peut lui donner le sentiment d’être oppressé ». L’équilibre amoureux reste délicat à trouver d’autant que le mutable représenté dans le carré en T incite au changement. Il résulte de son aspect, un principe d’instabilité affective avec un besoin d’évasion (mutable).

D’une façon générale, la nature mutable du carré aide à mieux vivre les carrés,  le mutable possède en effet la capacité à se remettre en question et une capacité à s’adapter aux changements. Les carrés en mutables aident à se soustraire des tensions exercées par la fuite ou une remise en question.  Le carré en T vers sa conjonction Vénus-Saturne chez Rodin est donc plus facile à vivre et expose à des changements d’attitude dès que la liberté est menacée, principe du carré en T qui rend le natif saturé par les énergies, ici en l’occurrence Rodin.

Le carré en signes cardinaux reste un terrain latent d’impatiences, l’expression verbale ou affective s’y exprime de manière vive, la diplomatie fait souvent défaut spécialement parmi deux des cardinaux : le Bélier et le Capricorne. Dans le thème de Camille Claudel, la nature enthousiaste, propre au Cardinal, se heurte à la réception mutuelle dissonante entre ses maisons III et XII, reflétant des conflits avec l’entourage et une censure de l’expression. Dans ce chemin de vie,  la dissonance mutuelle entre Saturne et son maître, Vénus, devient castration.

La relation passionnelle, est illustrée chez Camille Claudel à travers son axe des Nœuds sur son Pluton Taureau angulaire qui se couche. Par ailleurs, dans les hiérarchies des configurations qui se distinguent de leurs thèmes, la culmination de sa conjonction Soleil-Jupiter dans le thème de Rodin dessine un Yod entre le Soleil Scorpion-Mars en Vierge qui dirige l’énergie vers Pluton et en fait la planète apex. Chez Rodin, cette figure mobilise des forces et une expression Plutonienne bien retranscrite à travers le Pluton angulaire et conjoint à l’axe des Nœuds de Camille Claudel. Des dissonances d’aspects dits mineurs mais pertinents sont présents dans le thème de Rodin, entre autre, nous trouvons le sesqui-carré entre sa Lune en Gémeaux et son Neptune en Verseau, aspect Lune-Neptune que nous retrouvons dans le thème de Camille Claudel, sous la forme d’une conjonction dissonante. Lune-Neptune carré Mercure opposé Uranus.

A travers le dialogue dissonant de leur Lune-Neptune, sont retranscrits les remous émotionnels  entre le couple de sculpteurs.

De part leur aspect natal entre leur Vénus et leur Saturne, leur Pluton dominant et leurs Lune Neptune, leurs thèmes de nativité résonnent l’un avec l’autre. La signature astrologique globale – synthèse – témoigne d’une relation houleuse, à connotation d’emprise et de fascination par les notes Plutonniennes mais une relation éprouvante sur le plan émotionnel – dissonance commune Lune-Neptune – où l’engagement des sentiments n’est pas abordé de la même manière chez Rodin et Claudel. Enfin un détail qui présente son importance, la cuspide d’Ascendant de Rodin est conjointe à la Vénus de Camille Claudel, activant son carré Vénus-Saturne.

L’apparence, porte d’entrée de Vénus, rappelle combien nos yeux sont captivés par la beauté, cette enveloppe qui réserve quelquefois des pièges. Etes-vous taillé pour une voie artistique ou simplement votre sensibilité s’éveille face à un monde de beauté ?

Vénus dans la trajectoire professionnelle ne se manifeste pas qu’à travers une expression artistique. Elle invite à embrasser des carrières dans un contexte agréable, la notion de plaisir est vécu dans le cadre professionnel, bien évidemment cette notion est toute relative, selon le contexte général du thème. Vénus représente bien souvent l’intervention de liens affectifs servant de levier ou de frein à l’évolution professionnelle.

Une dissonance de Vénus n’altère pas la réalisation dans une sphère artistique ou dans un métier qui attrait aux saveurs, senteurs, comme nous le voyons avec le thème de A. Rodin et C. Claudel. La dissonance se joue sur un registre personnel en amenant des questionnements pour trouver ou bien maintenir l’équilibre affectif une fois que celui-ci est trouvé.

Pour conclure cet article, rappelons quelques règles essentielles en astrologie. Tous les aspects de nativité sont interdépendants les uns des autres aboutissant à une vue d’ensemble sur des niveaux différents. Les structures ne sont pas réparties sur le même plan.Si l’on devait retenir une seule règle en astrologie ce serait celle de considérer la globalité du thème. Le rythme du thème, ses hiérarchies définissent la dimension dans laquelle évolue le natif.

Hormis l’analyse sur des aspects clefs du thème de Claudel et Rodin, le contenu de cet article sur Vénus transmet des grandes lignes sorties de tout contexte. L’adhésion à une sensibilité artistique ou à un environnement artistique doit être confirmé par des maîtrises ou une répétition d’aspects oeuvrant dans le même sens.

Il est des « Vénus » dans des thèmes de nativité qui, bien placées, informent simplement que l’Amour est l’essence de la vie du natif. De même qu’il existe des localisations de Vénus en dehors des angularités et dissonantes qui signent des oeuvres d’art, Rodin et Claudel en sont les témoins.

L’affectif à travers la question du libre-arbitre sera la thématique de mon prochain article dans cette trilogie consacrée à Vénus.

 

Valérie Darmandy

le 27.03.2017 à 13H22.

 

 

 

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